Ca y'est. C'est pas trop explicable, mais d'un coup, tu sais que ça y'est, c'est bon. Cette complétude que tu recherchais depuis des mois, ce bonheur qui étais à portée de main mais que tu n'arrivais pas à attraper... Tout ça, tu l'as oublié. Tu t'en moques, tu en ris, tu t'en fous. Toutes ces inepties jetées, balancées, passées, usées et enterrées, voilà qu'étrangement, tu te sens mieux, léger. Tu volerais presque, mais pas tout à fait, car n'oublie pas que rien n'est parfait. Rien n'est comme tu le désires, tout va presque mal. Mais le bonheur n'est plus dans ton intention, ce n'est plus ton objectif, tu l'as quitté des yeux. Tu le regardais sans cligner, tu ne le lâchais pas. Et il t'hypnotisait, te hantait, te bouffait. Il te suivait partout, ce désir, il voulait te crever, te tuer, il voulait que tu croies en lui. Alors tu y croyais, dur comme fer, tu voulais, enfin, être complet, sûr de toi. Tu voulais vivre cette vie qu'ils vivent tous, sous le schéma métro, boulot, dodo, mais toi tu le voulais en encore mieux, tu voulais mettre du vin entre le boulot et le dodo, du sexe entre le dodo et le métro, de l'amour qui sait ? Alors tu ne quittais pas des yeux ce chemin qu'ils empruntent tous, ces fanatiques du bonheur préfabriqué, ces fervents de la vie comme tout le monde, sans encombres, boucler la fin du mois, être bien. Et puis là, tu as cligné des yeux. Voilà, tu ne l'as plus vu durant, quoi, une ou deux secondes. Et tu t'es senti mieux. Alors tu as détourné le regard, et tu as fini par voir autre chose. Un autre chemin possible, une autre voie, un autre concept. Ni métro, ni boulot, ni dodo. Uniquement le reste. Ce qui embellissait le tout. Ou même, plus rien du tout. Après tout, tu as même rayé le sexe et l'alcool. Que de l'amélioré, pour quoi faire ? Pour vivre quoi ? Quelle vie, et pourquoi ? Et pourquoi tu devrais être heureux, d'abord ? A quoi bon être fier, accompli, satisfait, comblé, assouvi,béat ? A quoi bon être bien ? Ca y'est. Tu as replié le bras et .tu n'as rien attrapé. Tu n'as pas renoncé, non, ce n'était pas de la lâcheté. Tu t'es résolu, peut-être. Désillusionné, sans doute. Tu as voulu vivre autre chose. Tu as voulu être différent.
etes vous pour ou contre l'avortement ?Are you for or against the abortion?
10 cOms ici 20 sur le tiiens
meme les chiifres